
Réalisateur : Brant Sersen
Année de Sortie : 2018
Origine : États-Unis
Genre : Horreur Universitaire
Durée : 1h39
Le Roy du Bis : 3/10
La Coupe est pleine
Vous pensiez que l’on ne pouvait pas égaler les fêtes de Stifler ? Pourtant souvenez-vous un peu du boxon généré par Projet X, de son nain balancé dans un four jusqu’aux arbres et voitures brûlés au lance-flamme ! Cet épiphénomène avait même fini par envahir notre réalité, provoquant des débordements dans nos quartiers. Si la popularité se mesure à la connerie, Haunting on Fraternity Row dépasse l’entendement avec sa partie universitaire d’enfer.
Cette fraternité de neuneus possèdent tous les stéréotypes inhérent au genre : le gosse de riche imbuvable souffrant de problème érectile, le teufeur cuvant à demi comateux dans son vomi, le black un peu lourdaud, le métisse au cœur tendre, l’asiatique pour remplir les quotas de minorités ethnique, les sobriquets servant de larbins, ou bien le sportif bodybuildé qui rayonne autant par le saillant de ses biceps que par sa stupidité.
À cette ménagerie de pantins sous LSD s’ajoutent tout un défilé de pétasses de service, faisant tomber le haut et se déhanchant au rythme de la nuit. La coupe est pleine, à ras bord. Il ne manque plus qu’une présence insidieuse et malfaisante dans la maison pour que la fête batte son plein et finisse par dégénérer dans un concert de cris, de jump-scares, de CGI et de regards ulcérés par un mauvais esprit.

Haunting on Fraternity Row nous fait boire la calice jusqu’à la lie. Brant Sersen ne semble avoir absolument rien compris aux erreurs de ses prédécesseurs, et se retrouve en totale incapacité de pouvoir justifier le recours au Found footage. Le réalisateur alterne les différents axes de prises de vues à rythme métronomique (nombreux champs/contrechamps, le retour en arrière opéré par l’un des acteurs sur l’une des caméras témoins) afin de couvrir la majeure partie des événements. Ces différents points de vue inclusifs soulèvent une post-synchronisation au montage, trahissant la bonne diégèse du long-métrage induite par son dispositif de mise en scène.
Dès lors, la trêve de l’incrédulité est totalement rompue. Ce problème est assez symptomatique des entreprises tournant sur des arguments de vente racoleurs. Peu original, Haunting on Fraternity Row nous déballe donc l’habituel programme horrifique, prétexte à aligner tous les artifices et poncifs éculés du genre, dont l’auteur tire un mélange bâtard entre Projet X, REC et Paranormal Activity.
Obligé d’attribuer des origines au mal indicible des lieux, le réalisateur invoque un massacre perpétré jadis, une coupe ayant servi à un rituel ésotérique et un tunnel débouchant sur une pièce punaisée d’appliques et de luminaires. Ces éléments narratifs n’apportent strictement rien à l’intrigue. Une fois la déception horrifique évacuée, rien n’empêche au public de se laisser séduire par cette débauche de grivoiseries et d’excès en tout genre (binje drinking, POV de poitrines dénudées, dance floor endiablé, bizutages et humiliations diverses et variées).
À son meilleur, le film effectue la parfaite analogie de cette quête absolue de popularité finissant par aveugler ces adolescents au sens propre comme au figuré. En l’état, Haunting on Fraternity Row fascine autant qu’il amuse dans le portrait vulgaire et grossier qu’il fait de cette génération Y, prête à festoyer jusqu’à ce que mort s’en suive.



