
Réalisateur : Roland Emmerich
Année de Sortie : 2013
Origine : États-Unis
Genre : Action Présidentielle
Durée : 2h11
Le Roy du Bis : 6/10
Thibaud Savignol : 4/10
Le Suppléant
En 1996 l’invasion était d’origine étrangère. La Maison Blanche sombrait sous les coups de laser d’un vaisseau extra-terrestre dans Independance Day. Depuis, Roland Emmerich l’a reconstruite pour mieux la démolir de l’intérieur avec des néo-nazis.
La vie d’Obama est mise en danger en mondovision devant une armée impuissante, bloquée devant un porche d’entrée en fer forgé résistant aux véhicules béliers. Seul un homme pouvait sauver la démocratie : John McClane. Bruce Willis étant déjà occupé à martyriser des agents du KGB (Die Hard Belle Journée pour Mourir), le choix se porta donc sur John Cale, un agent de sécurité sans emploi tout juste bon à dissuader les écureuils de venir voler des graines dans les nichoirs à hirondelles.

Après avoir démantelé un réseau de trafic de stupéfiants dans un lycée l’année précédente pour le compte de la brigade du 21 Jump Street, Channing Tatum reprend donc du service, confirmant son nouveau statut d’action star. Toujours présent au mauvais endroit, au plus mauvais moment, John Cale n’a certainement rien à envier à John McClane. Le garde du corps sait aussi bien escalader les cages d’ascenseur, ramper dans des conduites de climatisation, esquiver les balles de fusils d’assaut et les tirs de lance-roquettes avec des pirouettes.
Roland Emmerich navigue en territoire connu, celui de la traditionnelle prise d’otages, genre très en vogue dans les années 90. Le cinéaste se place en émule de John McTiernan, glissant des références à Piège de Cristal à tous les étages jusqu’au toit de l’édifice lorsque John Cale se retrouve sous le feu allié d’un hélicoptère. Contrairement à son modèle, White House Down souffre d’une gestion de l’espace plus hasardeuse préférant verser dans l’iconisation à outrance et le patriotisme à deux balles. Le film de Rolland Emmerich avait néanmoins tout pour plaire au grand public avide de séquence d’action ébouriffante, de panique organisé et de destruction à grande échelle.
Malheureusement, White House Down arrive trois mois après la guerre, devancé par Antoine Fuqua et son président blanc (La Chute de la Maison Blanche). Cruel dénouement pour Jamie Foxx et son bodyguard en marcel. Préféré à Channing Tatum, Gérard Butler reprendra du service dans deux suites (La Chute de Londres, La Chute du Président). Avec l’invasion du capitole et la prise de pouvoir de l’ultra droite (Donald Trump), la réalité finira par dépasser la fiction. Si on l’appelle la Maison Blanche, c’est que le message est plutôt clair…



