
Réalisateur : Ken Dixon
Année de Sortie : 1987
Origine : États-Unis
Genre : Chasse à la Bimbo
Durée : 1h20
Le Roy du Bis : 6,5/10
Atomic Bimbo
Au début des années 80, l’heure est aux chevaliers, donjons et dragons. Les succès respectifs du Dragon du lac de Feu et de Conan le Barbare ont fait des émules dans le monde de la série B (L’Epée sauvage, Deathstalker, Dar L’invincible). Certains y ont vu la possibilité d’associer des genres antinomiques pour tenter de se démarquer de la concurrence, en mélangeant les univers de la science-fiction et de l’heroic fantasy (Conquest, Krull). Cette effervescence va donner des idées à Charles Band qui y voit la possibilité de faire une comédie friponne teintée d’un érotisme sous-jacent. Son titre Slave Girls from Beyond Infiny laisse d’ailleurs présager de la suite des événements.
L’entreprise sera confiée à Ken Dixon qui s’était jusqu’ici fait remarquer dans l’industrie porno (The Erotic Adventures of Robinson Crusoe) ainsi que pour ses compilations de films d’exploitation (Filmgore, The Best of Sex and Violence). L’intrigue prend place sur une planète extra-terrestre répondant parfaitement à la description d’une célèbre chanson des Guns N’ Roses (Paradise City). Dans cet univers fantaisiste, des bimbos en bikinis sont réduites en esclavage par des stormtroopers, quand elles ne sont pas traquées par des cyborgs mutants.
Daria et Tisa, deux blondes revêches, sont retenues prisonnières à bord d’un croiseur interstellaire dont elles ne mettront pas longtemps à s’évader. Elles quitteront leur cage rouillée pour en retrouver une dorée auprès d’un esthète (Don Scribner, probablement un parent proche de Christian Bale tant la ressemblance est frappante) désireux de se payer leur tête pour garnir son mur à trophées de chasse. Les amazones devront tenter de survivre aux attaques de leur ravisseur armé d’une arbalète laser, échapper à la vigilance de ses robots asticoteurs et ne pas finir dévorer par les zombies peuplant cette jungle aussi opulente que la poitrine d’Elizabeth Kaitan.

Bien que le scénario calqué sur Les Chasses du Comte Zaroff ne fasse aucune surprise, l’intérêt du film est à chercher dans son pastiche de space opera sans le-sous. Le réalisateur pouvait heureusement compter sur le savoir-faire du maquilleur John Carl Buechler (Troll, Cellar Dweller), et de ses coproducteurs Mark Wolf et John Eng, crédités comme superviseurs des effets visuels. Les séquences dans la jungle seront tournées dans les studios de Burkank tandis que les décors de temple cyclopéen et bord de mer apportent une réelle touche d’exotisme à cette modeste production budgétée à hauteur de 90 000 $.
Les créatures mutantes, les différents trucages, subterfuges et effets d’optique (peinture sur verre et maquettes) affichent un artisanat d’une naïveté confondante, mais dont le charme suranné permet de faire illusion. Les actrices au physique topless sont revêtues de sous-vêtements en peaux de bête digne de Rahan et n’hésitent pas à faire tomber le haut à l’écran dès que la situation (ou le réalisateur) l’exige. La fétichisation des actrices, les petites sauteries, et la traque certes peu haletante à travers la savane amusent plus qu’il n’embarrasse le public cible.
Gardons tout de même à l’esprit que Slave Girls From Beyond Infinity place ses comédiennes comme héroïnes et finissent par contrecarrer les plans du méchant Zed par leur intelligence et cohésion, plus que par leurs charmes ou formes plantureuses. Le film a néanmoins valeur de témoignage, celui d’un temps où l’on pouvait encore recruter des bimbos et les réduire en esclavage afin de les filmer dans leur plus simple appareil, sans risquer de se faire balancer sur les réseaux sociaux.



