[Critique] – Black Past


Black Past affiche film

Réalisateur : Olaf Ittenbach

Année de Sortie : 1989

Origine : Allemagne

Genre : Splatter Underground

Durée : 1h25

Le Roy du Bis : 7,5/10
Thibaud Savignol : 6/10


Evil Resurrection


Hello Darkness My old Freund

D’une certaine manière, Black Past constitue une forme de résurgence du passé violent de l’Allemagne, reflétant toute la frustration emmagasinée depuis l’après-Guerre dans une malle enchaînée à double tour qui ne demande qu’à être ouverte. Après la nécrophilie de Buttgereit, Olaf Ittenbach brise un autre tabou en se fendant du meurtre sordide d’une petite fille. Ils ont vraiment un problème ces allemands… Mais la démarche de son premier essai ne s’inscrit pas seulement dans une volonté de vouloir choquer le chaland à tout prix, mais bien de raviver la flamme du cinéma bis transalpin des Lucio Fulci, Claudio Fragasso et Bruno Mattei.

Black Past critique film

Hell on Germany

Ici l’objet de culte ne sera pas le Necronomicon mais bien un miroir maudit qu’un adolescent va récupérer dans le grenier de sa nouvelle maison. Sous son influence, son quotidien va peu à peu se déliter à la suite d’un accident de voiture tragique. Face à la perte de sa petite amie, le personnage va noyer son chagrin dans l’alcool et se laisser consumer par un démon.

Black Past critique film

Massacre à la Stihl

Malgré les limitations inhérentes à l’utilisation de son caméscope domestique, Olaf Ittenbach soigne son travail de mise en scène grâce à un montage incisif, décuplant l’impact de ses scènes chocs. Avec de simples effets de brouillard et d’éclairage, le cinéaste parvient à livrer quelques compositions sépulcrales et envolées lyriques faisant basculer le film dans une forme de poésie macabre (la séquence onirique avec un bébé ensanglanté et son landau brûlé, symbole d’une innocence brisée).

Mais le clou du spectacle est encore à venir et si l’étalage de barbaque précédent ne vous a pas encore fait fuir, la suite s’en chargera. Rien ne vous aura préparé à la brutalité absolument inouïe du carnage final lorsque le personnage possédé va se mutiler dans la salle de bain avant de massacrer son entourage avec une Stihl. Les effets spéciaux et maquillages sont si impressionnants que l’on peine parfois à discerner le vrai du faux, et si le massacre à la tronçonneuse du film éponyme n’était que suggéré, Black Past livre aux insatisfaits ce qu’ils espéraient voir du film de Tobe Hooper.

Il vous faudra néanmoins avoir l’estomac bien accroché pour supporter les geysers de sang et baquets de viscères, les membres arrachés, les mâchoires édentées, les yeux révulsés et mannequins dépecés paraissant parfois plus vrai que nature. La caméra s’attardera à filmer le visage meurtri de ses interprètes relâchant leur dernier souffle de vie, l’expression à jamais figée sur la bande magnétique de ce divertissement dégénéré. Après une telle boucherie, bonne chance pour aller expliquer et défendre le film auprès du comité…

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