[Critique] – Retro Puppet Master


Retro Puppet Master affiche film

Réalisateur : David DeCoteau

Année de Sortie : 1999

Origine : États-Unis / Roumanie

Genre : Poupées Tueuses

Durée : 1h20

Le Roy du Bis : 5/10


Les Poupées ont la gueule de Bois


Lorsque l’on arrive déjà au 7ème épisode d’une franchise, les spectateurs se lassent, et il devient beaucoup plus difficile pour ses créateurs de capter encore l’attention d’un public que l’on sait versatile. Si l’opinion générale s’accorde pour reconnaître que la saga Puppet Master a commencé à amorcer son déclin à partir du quatrième épisode, l’ambition de son producteur restait de mise, comme l’atteste ce nouvel opus tourné en Roumanie. 

Avec Retro Puppet Master, tout recommence enfin. À l’instar de la saga Alien, celle des Puppet Master n’hésite pas à tordre le mythe à chaque nouvelle itération quitte à réécrire complètement l’histoire. David DeCoteau fait fît des paradoxes et incohérences narratives pour offrir aux marionnettes une nouvelle origin story, révélant par quel miracle le jeune André Toulon leur a insufflé la vie. Si Guy Rolfe accepte de rempiler une dernière et ultime fois dans la peau du célèbre marionnettiste, le rôle du jeune André Toulon échoue néanmoins à Greg Sestero (The Room).

Retro Puppet Master critique film

Peu apprécié d’une partie du public, mais néanmoins plébiscité par les fans, Retro Puppet Master cristallise parfaitement cette entre-deux crises frappant toutes les franchises dépossédées de leurs moyens. L’ambition d’offrir une reconstitution fastueuse en costume en plein cœur de Paris se limite néanmoins à quelques plans de transitions de la Tour Eiffel, ainsi qu’une rue et une ambassade en réalité située à Bucarest. Ces efforts visant à imiter l’ambiance de la ville lumière suffiront peut-être à tromper le public américain mais certainement pas l’œil avisé du spectateur français, ayant jeté son dévolu sur l’édition DVD éditée par Elephant Films. 

Versant davantage dans la fantaisie tout public que dans le gore racoleur, ce 7ème opus est le premier de la franchise à ne pas se voir attribuer une classification R aux États-Unis. Pas une seule goutte d’hémoglobine ne sera donc versée dans cet épisode disposant paradoxalement d’un grand nombre de victimes. Une fois n’est pas coutume, David DeCoteau n’a pas jugé bon de filmer l’un de ses interprète torse-nue ou en sous-vêtement.

Pour le reste, la mise en scène affiche bien la patte de son réalisateur, notamment ses décadrages originaux et son atmosphère d’épouvante lancinante. Malheureusement, Retro Puppet Master souffre également d’un rythme déficient, d’une série de péripéties peu exaltantes, et d’un combat final somme toute risible, peinant à tromper l’ennui du public. La franchise ne fait plus beaucoup illusion, et les poupées commencent à souffrir sérieusement de la gueule de bois. 

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