[Critique] – Evil Clutch


Evil Clutch affiche film

Réalisateur : Andrea Marfori

Année de Sortie : 1988

Origine : Italie

Genre : Sorcière Castratrice

Durée : 1H25

Le Roy du Bis : 5/10


L’Emasculatrice


Le long-métrage d’Andreas Marfori traîne derrière lui une réputation aussi sulfureuse qu’exagérée. Longtemps vendu comme «le film italien le plus gore jamais réalisé», Evil Clutch s’avère finalement beaucoup moins extrême que ne le laissait espérer son argument publicitaire. Quant au scénario, il ne prend même pas la peine de cacher ses emprunts.

Un jeune couple décide d’aller camper dans une forêt isolée avant de tomber sur une sorcière au rire sardonique, des démons sanguinaires et un arbre dont les racines baladeuses manifestent un intérêt très prononcé pour l’anatomie féminine. Toute ressemblance avec un certain classique de 1981 n’est donc pas purement fortuite.

Sans surprise, Andreas Marfori reproduit méthodiquement les meilleurs effets du film de Sam Raimi : caméra subjective fonçant à travers les sous-bois, maquillages gluants, possessions démoniaques, hurlements hystériques, tout y passe. Mais là où Raimi faisait de sa caméra volante l’incarnation même de l’indicible horreur lovecraftienne dont le spectateur ressentait physiquement l’approche, Marfori ne l’utilise que comme un simple effet de style. 

Evil Clutch film critique

Le film peut également compter sur une atmosphère plutôt réussie. Entre sa forêt noyée dans une brume surnaturelle, ses ruines lugubres et décrépites envahies par la végétation et sa photographie perpétuellement crépusculaire, Evil Clutch dégage parfois un charme gothique inattendu qui fait presque oublier la pauvreté de son scénario. Mais il est également possible d’apprécier le film par l’analyse délirante qu’en fait son distributeur américain Lloyd Kaufman. 

Selon le patron de la Troma, Evil Clutch serait une gigantesque parabole sur le mariage et la peur panique qu’éprouveraient les hommes face au pouvoir castrateur des femmes (une monstrueuse main griffue surgit littéralement de l’entrejambe de la sorcière). Ces succubes envoyées sur Terre pour dilapider votre compte bancaire, vider votre frigo, et vous briser les noix. La conclusion de Lloyd Kaufman est alors imparable et son conseil vaut tous les guides de développement personnel : ne vous mariez pas, méfiez-vous des vagins carnassiers, fuyez les sorcières lubriques, et devenez homosexuel. C’est plus sûr si vous tenez à conserver vos bijoux de famille. 

Des recommandations qu’il convient évidemment d’attribuer au seul humour délicatement subtil de ce cher Lloyd Kaufman et certainement pas à l’auteur de ces lignes. Vive les chattes !

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