[Critique] – Jimmy and Stiggs


Jimmy and Stiggs affiche film

Réalisateur : Joe Begos

Année de Sortie : 2024

Origine : États-Unis

Genre : Invasion Alien Gore

Durée : 1h20

Thibaud Savignol : 7/10

Deux séances exceptionnelles les 20 et 21 septembre 2025


Invasion Los Angeles


Pour cette rentrée, Shadowz nous balance l’une de ses nouvelles exclusivités directement en salles. Jimmy and Stiggs débarquent les 20 et 21 septembre dans une dizaine de cinémas CGR. La bande-annonce diffusée la semaine précédente ne pouvait qu’allécher les détraqués comme nous, toujours en manque du prochain shoot de série B qui tâche. Ce samedi 20 septembre, 22h15, après le sympathique mais oubliable Dalloway, il était temps de plonger dans cette orgie gore et peinturlurée, sûrement au milieu d’une foule d’allumés en tout genre, prêts à brailler à chaque giclée sanguinolente !

Jimmy a une sonde anale

Côté grand écran, Jimmy and Stiggs est un coaster de fou furieux, rapidement lancé à toute berzingue, qui ne s’arrêtera qu’à son ultime cut. Le trailer mettait en avant les conditions de fabrication que l’on devine compliquées. Si 4 ans de galère, 15 000 mètres de péloche 16 mm et des effets pratiques à l’ancienne ne garantissent en rien le résultat, il serait malhonnête de ne pas avouer qu’un tel challenge nous faisait saliver d’avance. Rappelant ainsi les premières expérimentations folles d’un Peter Jackson pour son Bad Taste, lui aussi étiré sur 4 longues années de tournage durant les week-end, le nouveau long-métrage de Begos affiche une générosité presque éreintante.

Réalisateur au chômage, Jimmy (Begos himself) voit ses plans tomber à l’eau l’un après l’autre. Alors que le voici parti pour une nuit de défonce dans son appartement miteux, des aliens en décident autrement. Enlevé plusieurs heures, il attend leur retour la nuit suivante de pied ferme, bien décidé à leur rouler dessus avec tout ce qui lui tombera sous la main. Le tout accompagné de son ami de longue date, le tout aussi illuminé Stiggs.

Jimmy and Stiggs Critique Film Joe Begos

Carnage en couleurs

Avec son plan séquence en vue subjective citant explicitement le Enter The Void de Gaspar Noé, l’ouverture du film a le mérite de rapidement poser ses enjeux : on présente l’espace pour les péripéties à venir (salon, chambre, salle de bain), le caractère lunaire de son protagoniste ainsi qu’une ambiance néonisée punk à nulle autre pareil. On reconnaît ainsi immédiatement la patte visuelle du metteur en scène, féru de poudre Holi Néon, cette peinture fluorescente tendance, déjà utilisée pour le bien barré Bliss.

Dès lors, tous les curseurs seront poussés à fond. Pratiquement chaque phrase est un condensé de vulgarité, de motherfucker à cocksucker, quand la moitié des dialogues ne sont pas hurlés. Au-delà des couleurs flashy apposées sur les décors via le sang orange vif des aliens, chaque pièce bénéficie d’éclairages colorés (rouge, bleu, vert), mettant de côté la moindre image naturaliste, pour un hommage entre Gaspar Noé et un Argento acidulé. Une radicalité qui fait un bien fou, nous plonge dans une réalité presque alternative, dans un trip sans fin ou un cauchemar d’alcoolique, au choix. La caméra agit comme un électron libre, entre changements de point de vue permanent, rotation à 360 degrés, épaule rentre-dedans et cadre retournés.

Orgie visuelle incessante, le clou est enfoncé lors des nombreux affrontements entre les deux farfelus et la cohorte d’alien kidnappeurs. Ça tabasse à n’en plus finir, ça tranche dans le vif, les têtes explosent et les corps sont mis au supplice. Un déluge gore qui rappelle forcément, encore une fois, les jeunes années d’un Peter Jackson inventeur de génie, mais évoque aussi bien les péloches barrées des années 80, de Sam Raimi à Stuart Gordon évidemment, que Brian Yuzna et Frank Henenlotter pour le côté craspec allumé.

Une expérience complètement folle, qui fait de tous ses excès une force cinétique inarrêtable, emportant tout sur son passage. Un projet bricolo-rigolo, porté par un homme à tout faire (Joe Begos y multiple les casquettes) et une équipe aussi passionnée que déterminée. Un film qui sent la sueur, la tise, les vapeurs illégales et le foutre d’alien, qu’on aurait aimé vivre au cœur d’une foule en délire. Mais la folie contagieuse de l’œuvre frappe autant le spectateur seul que les masses, et c’est bien là le plus important.

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