
Réalisateur : Jonathan Yudis
Année de Sortie : 2007
Origine : États-Unis
Genre : Gros Nichons
Durée : 1H21
Le Roy du Bis : 7/10
Planète Gros Nibards
Pour les amateurs de tripailles et de poitrines opulentes, il n’est pas nécessaire de souscrire un abonnement chez PornHub ni même d’attendre que votre copine parte travailler. L’ami Jonathan est là pour veiller au grain d’autant qu’il n’y a pas de mal à se faire du bien. Si vous êtes en manque de dépaysement et que vous voulez passer du bon temps sans vous faire poirer par vos enfants, on connaît bien quelques divertissements affriolants. Pervert ! s’adresse frontalement à ceux qui ont conservé un esprit d’adolescent attardé, amateur de cinéma déviant, fauché et politiquement incorrect.
Tant qu’il y aura du monde au balcon…
Véritable lettre d’amour au cinéma d’exploitation, Pervert ! revendique sans détour son ascendance, et plus particulièrement celle de Russ Meyer, auquel il emprunte aussi bien un décor désertique écrasé par un soleil ardent que certains archétypes, à commencer par le fils naïf et mal dégrossi. On pense évidemment à Faster, Pussycat! Kill! Kill!, référence assumée et digérée avec un mélange d’admiration sincère et d’irrévérence totale.
L’histoire tient sur un coin de table poisseux. James, étudiant encore puceau, vient passer ses vacances d’été chez son père Hezekiah, un pervers notoire qui s’adonne à d’étranges sculptures macabres faites de viande avariée. Personnage aussi répugnant que charismatique, le paternel connaît pourtant un certain succès auprès de Cheryl, blonde plantureuse aux seins siliconés, qui ne tarde pas à troubler le fils, peu habitué à attirer l’attention de la gente féminine.
Profitant de l’insouciance estivale et de la surveillance très relative du patriarche, James commence à explorer ses désirs refoulés et à prendre du bon temps avec sa nouvelle belle-mère. Mais lorsque le père découvre la situation, la confrontation dégénère rapidement, et Cheryl disparaît dans des circonstances suffisamment floues pour nourrir tous les soupçons. À partir de là, Pervert ! abandonne toute prétention narrative classique pour plonger tête la première dans un grand n’importe quoi grotesque et assumé.

Car le film ne cherche jamais à masquer son postulat volontairement stupide, digne d’une série Z. Au contraire, Yudis embrasse pleinement l’excès, multipliant les situations absurdes, les personnages caricaturaux et les provocations potaches, dans un univers où la nudité, le gore et l’humour trash cohabitent sans complexe. Ici, rien n’est sacré, et surtout pas le bon goût.
… ça bougera dans les pantalons !
Tourné dans des conditions qui rappellent la grande époque des films grindhouses (douze jours de tournage, une chaleur écrasante, un budget d’environ 50 000 dollars), Pervert ! compense largement son manque de moyens par une inventivité constante. Là où certains pastiches contemporains se contentent de filtres numériques pour simuler la crasse, Yudis opte pour une véritable caméra 16 mm, donnant au film une texture organique et une authenticité rare, proche d’un Massacre à la Tronçonneuse, ou d’un Devil’s Rejects, toute proportion gardée, évidemment.
Pervert ! déploie une énergie communicative qui force le respect. Le réalisateur regorge d’idées, parfois absurdes, parfois franchement douteuses, entre ses gags trash, ses personnages secondaires improbables (dont un redneck homosexuel haut en couleur) et délires visuels. Le casting, entièrement composé de figures stéréotypées, enchaîne les situations outrancières, cocasses et décomplexées avec un enthousiasme contagieux.
Entre séances de shoot dans le bébé, animosité viriles, maraboutage foireux, et bite tueuse, Pervert ! parvient habilement à remplir le cahier des charges que tout amateur de bisserie à l’haleine vinassée devrait apprécier pour cette débauche excessive, et cet esprit purement artisanal de débrouillardise fauchée et bringuebalante comme une belle grosse paire de loches. Et vive, vive, vive les gros nichons ! Les paires de seins comme des ballons !



