[Critique] – Chain Reaction


Chain Reaction affiche film

Réalisateur : Olaf Ittenbach

Année de Sortie : 2006

Origine : Allemagne / Autriche

Genre : Splatter Underground

Durée : 1h41

Le Roy du Bis : 3/10
Thibaud Savignol : 2/10


La Sortie de Route


Road to Perdition

Sorti en 2006, Chain Reaction constitue sa huitième réalisation. Son titre renvoie à la théorie du chaos : une infime perturbation capable de déclencher une réaction en chaîne aux conséquences disproportionnées. Le concept est illustré de manière littérale dès l’ouverture avec le battement d’aile d’un oiseau s’écrasant dans la forêt, entraînant un éboulement, lequel provoque un carambolage entre une voiture et un convoi de prisonniers. De cet accident naît le chaos, puisque les détenus se libèrent, massacrent leurs gardiens et prennent un médecin en otage. 

Chain Reaction critique film

Cette exposition, pourtant limpide, est inutilement plombée par une série de flashbacks sur-explicatifs, et redondants, qui étirent artificiellement la durée du film. Une manie dont Ittenbach ne parviendra jamais à se défaire. En route vers la frontière canadienne, le groupe s’égare dans une forêt dense et hostile, pour finalement trouver refuge dans une bâtisse isolée. Mauvaise pioche, puisque la sinistre bicoque est habitée par une communauté de mormons cannibales et consanguins, atteints de symptômes vampiriques. Le carnage peut alors commencer.

Une Cavale en Enfer

Narrativement, Chain Reaction emprunte les sentiers balisés du survival forestier, un terrain archi-rebattu par l’underground allemand (Andreas Schnaas et Timo Rose en ont fait leur biotope favori). Un retournement tardif tente toutefois de relancer l’intérêt. L’un des protagonistes survit au massacre, est secouru par la police, avant d’être injustement accusé de meurtre. Transféré vers une prison de Seattle, il se retrouve à nouveau victime d’un accident, au même endroit. Le cycle recommence, avec de nouveaux compagnons d’infortune, plus tarés les uns que les autres.

Chain Reaction critique film 2

À l’instar de Dave Payne (Reeker), Pascal Laugier (Ghostland) ou d’Alexandre Aja (Haute Tension), Ittenbach semble vouloir interroger la notion de point de vue. Mais l’idée est rapidement abandonnée au profit d’un délire auteurisant confus, laissant toutes les pistes thématiques en suspens. Les obsessions du cinéaste ne dépassent jamais vraiment ce purgatoire fulcien où des âmes damnées sont condamnées à affronter éternellement des hordes démoniaques.

Les Limbes

Animé des meilleures intentions, le réalisateur tente de dynamiser son huis clos par une caméra mobile et quelques plans aériens sporadiques. Mais ces élans formels restent insuffisants pour compenser l’ennui infernal généré par une boucle narrative répétitive et des dialogues interminables. À court de solutions, Ittenbach tente de redistribuer les rôles par un jeu de chaises musicales entre protagonistes. En vain. Les flash-backs laborieux et les leçons de philo d’un tortionnaire illuminé qui semble avoir vu la Vierge en 3D, finissent par anesthésier le public en attente du carnage promis. 

Même lors des rares morceaux de bravoure, comme un carambolage spectaculaire digne d’un spot de prévention routière, les mises à mort sont systématiquement amputées par des coupes ou reléguées hors champ. Fidèle à lui-même, Ittenbach assure toujours la conception des maquillages et des effets spéciaux, n’hésitant pas à s’exposer lui-même à l’écran, en nous déballant le service trois-pièces lors d’une scène particulièrement sadique. Peu épargné par le couperet des distributeurs, Chain Reaction fut toutefois sévèrement mutilé, bien que le film existe également dans une version uncut.

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