[Critique] – Gingerdead Man 2 : The Passion of the Crust


Gingerdead Man 2 affiche film

Réalisateur : William Butler

Année de Sortie : 2009

Origine : États-Unis

Genre : Pain D’Épices Tueur

Durée : 1h12

Le Roy du Bis : 7,5/10
Thibaud Savignol : 6/10


Les Coulisses du Z


Sans Limites

Scénariste du premier opus, William Butler met la main à la pâte pour cette séquelle qu’il signe sous le pseudonyme de Silvia St Croix, de manière à conserver son anonymat. Naturellement, cette opération marketing hérité du siècle précédent ne vise qu’à verser dans l’auto-dérision, à plus forte raison quand le spectacle proposé verse dans l’humour scato.

Moins dans la retenue que son producteur, William Butler se lâche comme jamais, proposant un kaléidoscope de farces et de situations stéréotypées toujours teintées d’un humour noir politiquement incorrect (le réalisateur promettant une avancée à une serveuse lui offrant une petite gâterie). Avec la finesse d’un éléphant, le cinéaste met les pieds dans le plat et dévoile au public les coulisses du studio renommée « Cheatum » (une connotation assez lourde de sens issue de la contraction de Cheat et Shit, en référence aux trucages et films de merde produits à la chaîne). Gingerdead Man 2 est une mise en abyme pertinente sur le mode de fonctionnement de l’industrie du cinéma bis.

Gingerdead Man 2 Critique Film Fullmoon Features

Dès son introduction, le cinéaste dénigre le fétichisme exacerbé de son producteur pour les poupées, avec une galerie de marionnettes grossières, qui en sont déjà à leur neuvième itération : Chiasse au trésor, Vibro hanté, Herculator, BobMerlin, Hémoroïd et Crâne de merde. Avec des noms pareils et des looks si hétéroclites, le niveau ne sera évidemment pas plus élevé que celui d’un caniveau. La suite des événements sera du même acabit : un acteur chauve et bedonnant, débitant un monologue abscons, est interrompu par une éjaculation d’excrément sur son visage. Le comédien regagne alors sa loge en envoyant chier toute l’équipe de production.

Faute de moyens alloués à l’entreprise le réalisateur a préféré botter en touche le scénario sans intérêt du premier. L’intrigue est donc rapidement expédié à l’aide d’un album de contes mal dégrossis qui pourrait avoir été imaginés par un véritable attardé mental. Sans limites, William Butler abuse de toutes les outrances, essorant l’absurdité du concept et de son antagoniste. Gingerdead Man 2 suit le quotidien à cent à l’heure d’un petit producteur dont le studio est en cours de redressement financier. Cette caricature de Charles Band, doit donc batailler sur tous les fronts, et demander à ses techniques de faire du bénévolat.

Mais la journée n’est pas de tout repos, le producteur devant composer avec une série d’événements et d’impondérables. C’est donc avec son sourire Coldgate que Kelvin devra flatter l’égo d’une star revenue de tout pour le convaincre de faire une brève apparition dans l’une de ses productions, calmer les ardeurs de ses équipes, tout en essayant de faire bonne impression auprès d’un éclopé venu visiter l’univers de ses héros. Le Gingerdead Man va alors profiter du désordre ambiant pour revenir sur le devant de la scène et décimer toute l’équipe afin de parfaire un quotidien déjà marqué par son lot d’emmerdes.

Hara-Cookie

Dans un esprit hara-kiri, William Butler profite de cette dimension méta pour dresser un portrait au vitriol de la Full Moon et de ses dérives : divergences artistiques, conflits internes, harcèlement sexuel, promotion canapé, histoire de cul entre collègues, galères de tournage, difficulté à trouver des financements ou à démarcher de nouveaux clients.

Certaines séquences hilarantes surprennent par leur vulgarité incendiaire : les complaintes d’un accessoiriste rechignant de devoir terminer sa carrière avec une main fourrée dans le derrière d’une marionnette. Autre salle, autre ambiance : des astronautes flanquent des fessés vigoureuses à des actrices sous le nez d’un metteur en scène interprété par David DeCoteau. D’autres artistes du studio tels que John Carl Buechler et Greg Nicoreto se compromettent également dans cet exercice satirique.

Gingerdead Man 2 fait partie de ces suites qui parviennent sans mal à supplanter leur prédécesseur en adaptant la bonne vieille recette du «bigger and louder». Certaines situations cocasses ne dépareilleraient pas dans une production Troma, comme ce maquilleur gay violé avec un fer à friser. La scène pourra éventuellement froisser la sensibilité de la communauté LGBT face à la jouissance éprouvée par la victime, mais ce serait néanmoins occulter l’humour graveleux, potache et délirant de cette basse production.

Pour mieux enfoncer le clou, William Butler en profite pour régler ses comptes avec son employeur, auquel il reproche indirectement de vouloir produire trop de films médiocres plutôt que de n’en produire qu’un seul de qualité. Tout le monde en prend pour son grade y compris les critiques, qu’il fustige d’intellectualiser beaucoup trop le cinéma et de ne pas savoir apprécier les films du studio à leur juste valeur. Nous ne pourrons que lui donner raison face à cette démonstration, tant certains avis ne font que refléter la propre frustration de leurs auteurs qui ne seraient pas capable d’en faire autant. Pourquoi s’embêter à regarder un film si vous êtes par avance convaincu de le détester ? Il est plus facile de détruire que de créer, à méditer. Maudit sois-tu Demonwarrior13 !

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