[Critique] – Cthulhu Mansion


Cthulhu Mansion affiche film

Réalisateur : Juan Piquer Simón

Année de Sortie : 1992

Origine : Espagne / Royaume-Uni

Genre : Maison Hantée

Durée : 1H32

Le Roy du Bis : 5/10


L’IlluZioniste


Également titré Magie Noire ; à ne pas confondre avec Ragdoll de Ted Nicolaou, lui aussi rebaptisé Magie Noire pour sa distribution française ; Cthulhu Mansion n’entretient en réalité que de très lointains rapports avec l’œuvre de Lovecraft, pour ne pas dire aucun. L’analogie se résume au nom du dieu tentaculaire, auquel l’intrigue n’emprunte guère plus qu’un vieux grimoire truffé d’incantations cabalistiques et nébuleuses. À la suite d’un deal de drogue ayant mal tourné, une bande de malfrats trouve refuge dans le manoir de Chandu, célèbre prestidigitateur ayant vendu son âme et perdu sa femme. Les ravisseurs prennent alors sa fille en otage avant de libérer accidentellement les forces occultes qui sommeillaient dans la demeure.

Cthulhu Mansion critique film

Avec sa VF particulièrement gratinée et ses personnages caricaturaux, Cthulhu Mansion aurait pu constituer un sympathique jeu de massacre débridé. D’autant que le film coche consciencieusement toutes les cases du récit de maison hantée : chat noir, reflet inquiétant dans le miroir, apparition spectrale, monstre tapi dans le réfrigérateur à défaut du traditionnel cellier, lierre aux branches baladeuses, porte ouvrant directement sur les enfers, mobilier possédé et déchaînement de forces occultes. Le catalogue est complet. Malheureusement, n’est pas Houdini qui veut et, à l’image des piètres tours d’illusionniste de son magicien incarné par Frank Finlay, les artifices et effets spéciaux trahissent une œuvre en décalage avec son époque.

Heureusement, la photographie de Julio Bragado et l’atmosphère d’épouvante délicieusement surannée suffisent à empêcher le long-métrage de sombrer complètement dans les limbes abyssales du DTV. Ou presque. Car à défaut d’avoir trouvé sa place parmi les classiques du fantastique ibérique, Cthulhu Mansion se chine désormais dans les bacs à soldes, dernier refuge des adaptations lovecraftiennes que même Cthulhu semble avoir reniées.

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